#JEP2019 : Retour sur ma Journée du Patrimoine #septembreculturel

Voilà plusieurs semaines que cette journée était planifiée. L’idée était de participer à des visites différentes et à ne pas hésiter à faire un petit peu de voiture.

Une thématique commune aux trois visites choisies cependant. Il s’agit pour tous de bâtiments connus des habitants mais dans lesquels au final peu ont pénétré.

Je suis très satisfait de mon choix de visites et je m’apprête à vous en faire un compte-rendu succint, des fois que cela vous donne des idées pour l’an prochain.

Voici donc mon trajet du jour :

Pour celles et ceux qui ont besoin de se situer dans l’Hexagone, voici mon trajet vu de plus haut :

I) Les Archives Départementales de la Meuse

La toute première étape de mon périple patrimonial fut une « spéciale dédicace » à la généalogie. J’espère qu’elle a apprécié. Je ne me voyais pas ne pas faire une halte dans un endroit de palpation de vieux papelard. Il me fallait donc ma dose de paléographie et de poussière. Un bon vieux shot de fonds iconographiques : rien de tel pour bien démarrer la journée.

Ne vous fiez pas à ce ciel couvert. La journée fut belle et ensoleillée. Même si pour visiter des archives, c’est secondaire je vous l’accorde.

Salle de lecture

Dans l’ordre, voici les étapes de la visite :

  • Accueil
  • Salle de lecture
  • Magasin dédié aux archives de grande taille (plans)
  • Magasin dédié à la série E
  • Salle de tri
  • Salle de dépoussiérage
  • Quai d’approvisionnement
  • Magasin dédié à la série L

Ce qui fait 95% de la réussite d’une visite, c’est la passion du guide. Nul doute que celui de ce matin était un vrai passionné de son métier. Un vrai échange, des anecdotes concrètes et on meurt d’envie de farfouiller tous ces vieux papiers.

Plus ancien document des Archives Départementales de la Meuse, datant de 944 et relatant la destruction d’une chapelle à Maizeray

Le tour du propriétaire s’achève sur la lecture de l’arrestation de Louis XVI à Varennes. Un bijou de récit, plus littéraire qu’administratif. Quelle émotion de revivre les événements célèbres du passé par les mots de ceux qui les ont vécus.

La visite a duré 1h30 mais on ne voit pas le temps passer. Pire, on en voudrait encore. Rien de tel pour faire connaissance avec cette salle de lecture en conditions normales. I’ll be back!

La plus ancienne carte du département de la Meuse, au sortir de la Révolution Française

II) Le Château d’Hannoncelles

… qui n’est pas un château. On l’apprend immédiatement par les guides tous issus de la famille résidant désormais dans cette « maison forte »

Hannoncelles est vraiment un lieu singulier. Censée être une ancienne place forte défensive, sa localisation dans une cuvette suscite des interrogations quant à l’efficacité supposée de cette mission.

Néanmoins, après observation, ses attributs défensifs, invisibles au premier coup d’oeil, finissent par interpeler l’observateur, le bâtiment possédant des modèles originaux de meurtrières, dont l’un tourne toujours après des siècles sans que le moindre entretien ne lui ait été apporté.

La meurtrière du mouvement rotatif perpétuel (appréciation personnelle)

Située en contre-bas du village de Ville-en-Woëvre, cette demeure rurale a été bâtie sur un lieu dont les origines remonteraient a minima à l’époque romaine.

Hormis ces origines et un aspect général ayant été complètement bouleversé par les destructions opérées durant la Première Guerre Mondiale, Hannoncelles a la particularité de disposer au premier étage d’une chapelle semi-publique*, ce qui est une double-curiosité.

Pour ceux qui sont fervents de récits miraculeux, le bâtiment dans lequel se trouve la chapelle a été détruit en s’arrêtant aux murs de ce lieu de recueillement. Elle a été ainsi préservée par les siècles.

La visite se termine par un tour du magnifique étang jouxtant la bâtisse.

Hannoncelles est sincèrement un superbe domaine à proximité directe de la sortie 32 de l’autoroute A4, que je conseille vivement de visiter (pas l’autoroute, le domaine). Ses hôtes sont chaleureux, agréables, ouverts aux questions. C’est un lieu dans lequel le visiteur se sent libre de vagabonder et de prendre le temps d’observer.

III) La Cité Radieuse de Briey

Trois visites, trois ambiances.

Ici, l’objectif pour moi était de mettre enfin les pieds dans ce bâtiment qui surplombe tous les alentours de Briey, sous-préfecture de Meurthe-et-Moselle.

Le paquebot du « Corbu » comme le surnomme affectueusement la guide qui replace ce bâtiment dans le contexte de sa construction est vraiment un OVNI dans l’architecture locale.

Dans la période de l’après-guerre, Briey, déjà sous-préfecture du 54, en plein essor des mines et de l’industrie sidérurgique, subit directement la concurrence démographique des communes voisines et craint de se voir subtiliser ce fameux titre.

Le maire de l’époque se voit immédiatement proposer l’intervention du Corbusier, qui a fini il y a peu la Cité Radieuse première du nom, celle de Marseille.

Le projet de l’architecte est pharaonique : concevoir un village vertical de 1000 personnes. Lorsque le Briey de l’époque ne se compose que de 2500 personnes et n’est pas étendu comme la commune actuelle, cette décision provoque des remous et coûte sa ré-élection au maire.

Après des années de coupes budgétaires, voire d’abandon complet du bâtiment, c’est finalement au Centenaire de la naissance du Corbusier que le bâtiment finit par être réhabilité par l’Hôpital de Briey, qui l’acquiert pour le franc symbolique, l’objectif étant d’y établir une école d’infirmières.

L’architecture de cette cité est réellement déroutante. Il y a 6 étages officiels, appelés « rues ». Mais la singularité réside dans le fait que chacune de ces rues s’échelonne sur 3 niveaux (à l’exception de la 3ème qui ne couvre que 2 niveaux). Ceci explique donc l’immense confusion qui s’empare de l’observateur lorsqu’il tente de percer le mystère de sa façade extérieure et du nombre d’appartements composant le bâtiment.

La 1ère rue

S’il est possible toute l’année de visiter un appartement témoin, reprenant la disposition et le mobilier d’un logement typique des années 60 au sein de la bâtisse, l’avantage des Journées du Patrimoine est la possibilité offerte par certains des habitants de la Cité Radieuse de visiter leur appartement.

Un goût de sixties dans l’appartement témoin

Ce qui est sincèrement déconcertant est la variété des habitations composant ce bâtiment qui semble paradoxalement si uniforme de l’extérieur.

Dixit une habitante du 6ème étage : « Je vis dans un duplex. A l’étage mon appartement passe au dessus de la Rue et de l’appartement de ma voisine d’en-face. A contrario, son appartement à elle passe en-dessous du mien ».

Si vous ne comprenez pas, venez donc faire un tour à Briey. L’association Première Rue qui défend le patrimoine du Corbusier se fera un plaisir de vous expliquer ce casse-tête architectural.

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(*) Une chapelle semi-publique est en théorie toujours utilisable par le public pour y célebrer messes, baptêmes et mariages, mais il faut pour cela demander l’autorisation des résidents, celle-ci nécessitant le passage par des appartements privés pour y accéder.

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