De quoi la fin d’En Envor est-elle le nom? #enenvor

Qui est acteur du Web ne peut rester indifférent à l’annonce de l’arrêt du site breton. Je sors du cadre de la généalogie pour une fois. Mais je pense que l’affaire en vaut le détour.

Il est d’ailleurs étonnant que les grands protagonistes de la Toile et de la presse en ligne si prompts à se liguer pour faire valoir leurs droits fassent preuve d’un tel silence.

Moi, petit, tout petit acteur que je suis, je ne peux rester là et me taire.

Rappelons les faits. Le site publie un article élogieux sur une exposition dont je tairai l’objet et utilise pour cela deux photos de l’artiste pour l’illustrer.

Les ayant-droits de l’artiste exposé ont vent de l’emploi de ces photos. Par voie d’avocat, le site se voit notifier une facture de 4000€ pour avoir utilisé ces clichés.

Objectivement que pouvons-nous constater?

1) il n’y a eu aucune utilisation commerciale de ces photos

2) l’article avait valeur de promotion pour l’exposition

3) aucun compromis, incluant la possibilité pour le site de retirer les photos, en échange de l’arrêt des poursuites, n’a été proposé

Les légalistes répliqueront que c’est la loi. Moi je crois surtout que tous les prétextes sont bons pour se faire du fric. Nous subissons une américanisation de la société d’un point de vue juridique. Si toutes les lois de ce pays étaient appliquées à la lettre nous aurions toutes et tous du souci à nous faire. Et c’est là que je veux en venir.

Le débat rappelle celui lié à la création de l’HADOPI. Peut-on appliquer à la lettre des principes datant de l’ère pré-numérique à une nouvelle façon de communiquer?

Avant internet, qui aurait été susceptible d’utiliser de façon publique des photos soumises au droit d’auteur à part des écrivains, des journalistes de presse écrite, des communicants ou des artistes? Bref une utilisation commerciale systématique.

Qu’est-ce qu’un blogueur? Qu’est-ce qu’un rédacteur de site web? Vit-il de ses publications? A-t-il toujours une équipe de rédaction? Le législateur ne prévoit pas ces spécificités.

Jusqu’ici le bon sens prévalait sur la loi. C’était avant En Envor.

Désormais, à chaque article, à chaque photo utilisée, j’aurais un temps de recul, une pensée pour En Envor.

En conclusion, quelle suite donner à tout ça? Faut-il ne plus évoquer des œuvres soumises au droit d’auteur afin d’éviter de subir une « En Envor »? Faut-il manifester/se mobiliser/alerter? Faut-il, comme j’ai pu le lire, remplacer les photos par une phrase-type expliquant la problématique et les risques encourus d’illustrer l’article?…

Quelle tristesse d’en arriver là.

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