#ChallengeAZ (2019) – D comme Déménagement d’une famille haut-alpine

Image parOpenClipart-Vectors de Pixabay

« Ailleurs est une sphère infinie dont le centre est ici. » (François Cavanna)

Nous sommes nombreux à nous poser cette question lorsqu’une famille établie depuis « toujours » quelque part finit par partir et pire, perdre le statut social qui était le sien : Que s’est-il passé?

Je reviendrai sur ce concept à la lettre K, mais ce qui fait le sel de nos recherches généalogiques, ce n’est pas la constance mais la rupture. La constance apporte au final trop peu d’éléments sur la situation réelle de nos ancêtres, tandis que la rupture permet une analyse plus fine, un instantané de l’avant et de l’après.

En généalogie, on dit souvent que les questions sont meilleures que les réponses. Je répète régulièrement cet adage pour me rassurer mais aussi et surtout pour vous prévenir que beaucoup de réponses me manquent à l’heure actuelle pour le cas que je vais vous présenter.

Situons le contexte.

La famille ARTAUD, selon sa lignée masculine, est constituée d’une descendance de notaires royaux et d’avocats établis à Ventavon et Gap. Cette lignée est renforcée par l’ascendance masculine de Jeanne GRIMAUD, femme de Paul Gaspard ARTAUD et mère de Paul François ARTAUD autour de qui va se focaliser mon récit.

Ascendance patronymique de Jeanne GRIMAUD
Ascendance patronymique de Paul François ARTAUD, fils de Jeanne GRIMAUD

La lignée des GRIMAUD a également des liens présumés avec la noblesse, puisque Jean GRIMAUD, notaire à St-Eusèbe aurait épousé Phélise Martin de Beaurepaire, dont la famille figure au nobiliaire haut-alpin. [Phélise est absente de l’ascendance patronymique ci-dessus, car j’ai besoin de m’assurer que le Jean GRIMAUD du nobiliaire est bien le « mien »]

Cette lignée de notables prend fin avec Paul François ARTAUD, mon SOSA 212, grand-père de Sophie ARTAUD (protagoniste malgré elle de mon article sur la lettre A)

A la naissance de son fils Jean Gaspard le 06/06/1804 , Paul François ARTAUD est un armurier habitant Gap.

Acte de mariage Jean Gaspard ART(H)AUD x Marie Zoë Sophie AUDIFFREN
– Source : Archives Départementales du Var

25 ans plus tard, le 26/11/1829, Jean Gaspard a bien grandi et célèbre son mariage au Castellet (Var), épousant une fille du cru : Marie Zoë Sophie Audiffren. L’heureux papa, Paul François, est toujours armurier, mais cette fois-ci il réside… à Toulon. Tout comme le fils d’ailleurs, qui officie aussi en tant qu’armurier!

A ce niveau-là, une première question se pose : qui a suivi qui?

Si la question se pose, c’est que la distance Gap-Toulon n’est pas anodine, qui plus est au XIXème siècle.

Ensuite, un père et un fils haut-alpins qui exercent la profession d’armurier dans la même ville à 200km de leur lieu d’origine, cela ne peut pas tout à fait être une coïncidence…

Pour en savoir un peu plus, je vous propose de chercher des traces de ce départ des Hautes-Alpes. Et dans ce cadre, quoi de mieux que des transcriptions hypothécaires?

Aux Archives Départementales des Hautes-Alpes, on trouve trace de deux actes de mutation au nom de Paul François Artaud.

Le 16/06/1808, résidant à Gap il vend à un certain Laurent Michel une pièce de terre et herme de soixante ares, située dans le quartier des Brigadelles.

Le 03/04/1813, résidant dès à présent à Toulon, il vend sa maison rue des Basses-Alpes à Gap à un certain Antoine Queyrel.

Deux certitudes :

1) Le déménagement a eu lieu entre 1808 et 1813.

2) Le fils, Jean Gaspard Artaud, né en 1804, n’était donc âgé que de seulement 9 ans à la date du second acte. C’est donc le déménagement du père qui a provoqué la rencontre du fils avec sa future femme et avec sa future vocation.

En étudiant rapidement la fratrie du fils Jean Gaspard aux Archives Départementales des Hautes-Alpes, la dernière naissance issue du couple Paul François ARTAUD x Françoise MARCHAND a eu lieu le 20/10/1809 à Gap. Le papa du petit Joseph Charles ARTAUD exerce la profession d’armurier… à Gap.

L’intervalle de recherche concernant la date du déménagement se réduit donc de 1809 à 1813.

Cependant il reste tant à en apprendre.

Lorsque Paul François décède à Toulon le 15/11/1847, il était déclaré comme serrurier.

Acte décès Paul François ARTAUD – Archives Départementales du Var

Il laisse derrière lui beaucoup de zones d’ombre concernant ses choix professionnels dans une famille de juristes ou concernant son changement de résidence. A-t-il seulement eu le choix? Quelles furent ses motivations? Etait-il le seul à franchir le pas?

Au boulot!

[A SUIVRE]

18 commentaires

  1. Avez-vous retracé le parcours militaire de vos deux armuriers ?
    Pour les déplacements, Gap était pourvu de bonnes routes depuis le tout début du 19e siècle et la route Napoléon y passe.

    Aimé par 1 personne

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