#ChallengeAZ (2019) – K comme Kilomètres de migration

Photo de Dariusz Grosa sur Pexels.com

Il y a deux types d’ancêtres.

L’ancêtre sédentaire. L’ancêtre qui naît, se marie et décède dans la commune de ses parents, qui était peut-être également celle de ses grands-parents, et ainsi de suite.

D’un point de vue purement lié à la recherche des actes, c’est un jeu d’enfants. La difficulté réside souvent dans le fait de ne pas se tromper entre les différents homonymes. L’avantage est qu’on remonte rapidement la branche familiale. L’inconvénient est qu’il est parfois plus compliqué d’isoler un ancêtre donné en tant qu’individu.

Il y a un autre ancêtre-type : l’ancêtre nomade. Celui qui a la bougeotte. Celui qui, pour des raisons diverses et variées, prend son baluchon, sa valise, sa mule, ses parents et ses enfants et arpente les chemins. D’un point de vue « Recherche d’actes », celui-ci est nettement plus pénible. Dans le bon sens du terme, bien sûr. Et il apporte d’autres bienfaits.

Sans vouloir dénigrer les ancêtres sédentaires, l’ancêtre nomade donne tout son sel à la généalogie. Derrière ses déplacements se cachent des raisons parfois économiques, politiques ou professionnelles. Il lie son histoire à la grande Histoire. Et contrairement à ce que j’indiquais plus haut pour l’ancêtre sédentaire, il est de ce fait plus facilement identifiable en tant qu’individu.

L’ancêtre nomade est celui qui, par son déplacement, va conditionner un destin, notre destin. Il est aussi celui que j’appelle l’ancêtre-souche. Celui qui va être le premier maillon de la famille à créer une lignée dans une ville, un département, une région. Une lignée de sédentaires. Jusqu’au prochain nomade.

Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit : l’ancêtre nomade n’a pas nécessairement plus de personnalité que l’ancêtre sédentaire. Il peut tout simplement subir les effets de l’Histoire et être contraint de partir, sans que cela fasse de lui un pionnier plein d’initiative.

Mais lorsqu’on regarde l’arbre généalogique à la lumière de notre époque, nous aimons comprendre les raisons qui font que nous vivons dans une région donnée ou qui font que nos ancêtres viennent d’une autre région. Les ancêtres nomades sont les clefs de voûte de ce type d’interrogations.

Cet article leur est entièrement dédié.

Je ne détaillerai pas ici les raisons de ces nomadismes. J’ai choisi de les mettre en lumière en partant d’un indicateur chiffré qui parle à tous : les kilomètres des migrations.

J’ai pris le parti de simplifier le calcul car il peut y avoir des migrations successives pour la même personne tout au long de sa vie. La distance calculée sera donc celle séparant approximativement à vol d’oiseau le lieu de mariage du lieu de naissance de l’ancêtre concerné.

En effet je suis parti du principe que la principale des migrations est celle arrachant l’ancêtre à son lieu d’origine pour convoler avec l’être aimé. (Poétique, n’est-ce pas?)

Partant de cette hypothèse de départ, j’ai constitué mon TOP 10 des plus grands migrateurs de mon arbre généalogique. Ayant une flopée d’ancêtres italiens, j’étais persuadé qu’ils accèderaient au podium. Mais seront-ils les grands vainqueurs?

En numéro 10, Catherine Josephe BEAUCOURT (sosa 289), née en Belgique à Tournai et mariée à Lille (59) => 25 kilomètres

En numéro 9 ex-aequo deux représentants de la famille MORLOT. Le père Pierre Antoine (sosa 144), né à Lille (59) et marié à Arras (62). Et le fils Louis Antoine (sosa 72), né à Arras (62) et marié à Denain (59) => 50 kilomètres

En numéro 8, Louis Clair HARDISSON (sosa 118), né à Aix-en-Provence (13) et marié à Toulon (83) => 70 kilomètres

En numéro 7, Louis DAUMERGUE (sosa 112), né à Cavaillon (84) et marié à Hyères (83) => 140 kilomètres

En numéro 6, Marthe BEAUMONT (sosa 11), qui fera l’objet de mes lettres P et S, née à Domont (95) et mariée à Denain (59) => 170 kilomètres

En numéro 5, Jean Gaspard ARTAUD (sosa 106), évoqué dans ma lettre D, né à Gap (05) et marié au Castellet (83) => 180 kilomètres

Viennent ensuite mes ancêtres italiens migrateurs comme je le pressentais :

En numéro 4, Jean-Baptiste RAMELLA (sosa 58), qui fera l’objet de la lettre R de mon #ChallengeAZ, né à Castelvecchio devenu Imperia(IM) en Italie et marié à Hyères (83) => 220 kilomètres

En numéro 3, Maria Caterina Bianca CORRADO (sosa 27), née à Caravonica(IM) en Italie et mariée à Hyères (83) => 230 kilomètres

En numéro 2, Clarisse RIGHI (sosa 15), qui fera l’objet de la lettre Q de mon #ChallengeAZ, née à Montefiorino(MO) en Italie, et mariée à Hyères (83) => 540 kilomètres

Et l’ancêtre nomade suprême est : … roulement de tambour…

En numéro 1, Adélaïde Magdelaine Constance LEGER (sosa 119), évoquée brièvement dans ma lettre B, qui est née à Cherbourg (50) et s’est mariée à Toulon (83) => 1060 kilomètres.

C’est donc une Normande qui décroche le titre et de loin, renvoyant mes ancêtres italiens au statut de petits randonneurs.

Il s’agit de la dernière représentante de mon unique et minoritaire branche normande, et quand on voit la distance on comprend pourquoi.

Et vous, quels sont vos plus grands migrateurs?

17 commentaires

  1. Voilà une réflexion qui me parle beaucoup ! Je distingue en plus les migrations du XIX-XXe siècle (plus fréquentes, souvent économiques) de celles des siècles précédents.
    Mes champions sont mes ancêtres venus du Portugal et de Pologne au XXe, mais aussi mes huguenots partis de la Drôme et arrivés dans le Nord en passant par la Suisse, l’Allemagne et les Pays-Bas au XVIIe.

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  2. Toujours un grand plaisir de lire vos articles ! J’essaie de les partager régulièrement. Très bien écrit, ce thème des kilomètres me parle beaucoup, ayant moi-même des ancêtres venant de plusieurs régions de France, ainsi que d’Italie, de Bulgarie et de Russie…
    Emilie (Mes aieux quelle famille !)

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  3. Le palmarès des ancêtres nomades m’a beaucoup fait rire ! Sans surprise, les Basques étant de grands voyageurs pour de multiples raisons (sort des cadets, allergie à la chose militaire, goût de l’aventure, peut-être…), j’en ai qui ont fait souche en Argentine, en Uruguay, au Chili, dans l’ouest américain (Nevada, Californie…). Grâce à eux, je suis aussi familière de FamilySearch que des AD64 😉

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  4. Haha j’adore la conclusion et la Normande qui bat à plate couture la famille italienne 🙂 Sur mon arbre je pense les plus grands voyageurs sont mes Suisses – sans parler de mes collatéraux Suisses qui ont tenté l’aventure aux Etats-Unis. Mais mes empêcheurs de remonter les branches vitesse grand V n’ont pas forcément parcouru beaucoup de km. Il a suffit qu’ils franchissent une limite départementale et les heures de recherches se sont transformées en mois…

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