#ChallengeAZ (2019) – M comme Meuse, Moselle et Meurthe-et-Moselle

Image par Clker-Free-Vector-Images de Pixabay

Je n’ai pas le moindre ancêtre en Meuse, Moselle ou même en Meurthe-et-Moselle.

Fin de l’article. Rendez-vous demain pour la lettre N.

Comment ça, « un peu facile »?… On me demande de trouver un « M », j’en trouve 3 (avec Meurthe-et-Moselle qui compte double), je peux quand même être dispensé de rédiger encore un article, non? Non? Bon d’accord!

Alors, tout d’abord, je n’ai pas menti, pas la trace d’un ancêtre originaire de Lorraine, ni même je dirais du Grand-Est. Mais diantre, pourquoi alors vous enquiquiner avec ces trois départements qui se suivent presque parfaitement dans leur numérotation? (Renommons les Vosges, « le Morbihan », et ce sera parfait)

Car ils résument à eux seuls 99% de ma vie jusqu’ici. Et qu’à mon tour, comme les ancêtres nomades qui finissent par se sédentariser (voir la lettre K), j’ai dit qu’il était grand temps de se poser. Voici pourquoi la femme de ma vie est une Lorraine « pure souche » (jusqu’à ce que je m’attèle sérieusement à sa généalogie en 2020) et que notre descendance est également du cru.

Comme vous aurez pu le constater et comme vous le constaterez encore dans mes articles, je suis issu de deux branches familiales principales : une composée de Ch’tis, l’autre composée d’un cocktail savant de Provençaux et d’Italiens, avec un micro-zeste de Normands.

Autant vous dire que quand un Ch’ti rencontre une Provençale dans les Deux-Sèvres et qu’ils donnent naissance à un petit garçon dans le Maine-et-Loire, on pourrait croire que l’histoire migratoire, bien chargée, s’arrête là. Pas du tout. Toute cette petite famille traverse à nouveau la France pour atterrir dans la cité ducale lorraine, Nancy, aux 18 mois du bambin.

Vous le comprendrez donc aisément, malgré mes racines multiples et mon lieu de naissance dans l’Ouest, je n’ai connu qu’une région : la Lorraine. Je suis un Lorrain.

Jolie phrase de fin de discours, empreinte de solennité et d’émotion. Cependant on ne pouvait pas finir cet article comme cela. Je vais semer un peu le trouble dans les certitudes absolues que j’ai assénées au début de mon propos. Car en généalogie nulle certitude.

En effet, depuis peu, je suis parti sur ce que j’appelle La Folle Hypothèse.

Dans ma branche paternelle, la branche ch’ti donc, tous les patronymes sont sans appel. Ils sonnent tous du 59, du 62, de Belgique et ont parfois des résonnances picardes.

Mais cela provient peut-être du fait que je les entende dans mon esprit prononcés avec un accent nordiste assez appuyé. Et à ce petit jeu-là tout patronyme fleurerait le Maroilles et les wassingues.

J’imagine déjà, avec le sourire, François Daumergue, mon arrière-grand-père provençal (cf articles sur les lettres F, J et L) devenir Fraçouô Dômerk. Alors pour se départir de cette voix intérieure, j’ai consulté un ouvrage de référence : Tous les noms de famille de France et leur localisation en 1900, de Laurent Fordant.

Sur 16 patronymes consultés avec les données entre 1890 et 1915, 15 sont bien constitués majoritairement de porteurs nés et/ou résidant dans l’actuelle région des Hauts-de-France.

Seul un patronyme d’irréductibles résiste à cette généralité : MORLOT.

Nom de famille de ma SOSA 9, MORLOT, s’il m’a toujours paru être un nom du Nord, est en réalité majoritairement porté par des personnes du quart Nord-Est de la France. Tout pile à l’endroit-même où j’affirme nonchalamment que je n’ai aucun ancêtre.

Je vais encore plus loin, car dans l’ouvrage Tous les noms de famille de France et leur localisation en 1900, il est indiqué que la ville ayant compté le plus de naissances de Morlot au tout début du XXème siècle est… Nancy. Ma ville.

La Folle Hypothèse consiste donc à se dire que peut-être la ville dans laquelle j’ai grandi, dans laquelle nous n’avions aucune attache familiale, serait le berceau méconnu d’une partie de mes ancêtres.

« Serait-ce possible alors? » comme le murmurerait Carla Bruni. Qui sait? En tous les cas le jeu en vaut la chandelle.

A très vite.

14 commentaires

  1. Moi, j’y crois à la folle hypothèse ! J’ai écrit en février dernier une série de billets intitulé « Biziak oroit hiltzeaz » ce qui veut dire « Vivants, souvenez-vous de la mort », inscription que l’on trouve dans les cimetières basques. J’y racontais comment j’ai retrouvé des collatéraux ayant vécu au 19e siècle à Bordeaux … dans rue où par hasard j’ai acheté une maison en 2011 !

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  2. Sûre et certaine que ton hypothèse est la bonne et hâte de découvrir cela dans tes prochains articles ! J’ai moi-même une branche paternelle en Lorraine. Alors la Meuse, ça va, la Moselle c’est une toute autre chanson… Vivant sur place tu auras sans doute plus de facilités. Bon courage en tout cas et bravo pour cet article encore superbement rédigé.

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