#ChallengeAZ (2019) – P comme Parenthèse en région parisienne

Image par Michael Gaida de Pixabay

La vie est loin d’être un long fleuve tranquille.

Comme je l’évoquais dans l’article pour la lettre K, il y a effectivement deux types d’ancêtres. Les nomades et les sédentaires. Je ne reviens pas là-dessus. Cependant, pour nuancer mon propos, il y a parfois des cas où cette classification est quelque peu réductrice.

Il existe en effet des ancêtres sédentaires atteints de « crise privisoire de nomadisme ». La particularité de ces ancêtres est qu’on pourrait aisément passer à côté de cette crise passagère. La chance qui est la mienne pour les deux anecdotes que je m’apprête à partager avec vous est qu’il s’agit de générations relativement récentes.

De ce fait ces épisodes ont pu s’appuyer sur la tradition orale pour parvenir à mes oreilles. Mon rôle étant bien entendu de m’assurer que la tradition orale n’accorde pas trop de crédit à des légendes sans fondement.

Albert Beaumont et Clotilde Cachera sont tous deux originaires de Marquette-en-Ostrevant (Nord), respectivement nés en 1867 et 1869.

Localisation de Marquette-en-Ostrevant – Source : Google Maps

Albert est issu d’une lignée de cordonniers. Clotilde, quant à elle, est la descendante d’une très ancienne famille de Marquette, composée majoritairement de journaliers et de ménagères.

Arbre patronymique Beaumont
Arbre patronymique Cachera

Albert et Clotilde se marient le 12/09/1892 à Marquette. Moins d’un an après, en août 1893, ils y donnent naissance à leur premier enfant, Pierre Joseph. Tous les autres fils de la fratrie, Gaston Albert, Charles, et Albert naîtront également dans le village familial respectivement en 1898, 1900 et 1903. La sédentarité semble être le maître-mot.

Et pourtant, c’est sans compter sur la seule fille de la fratrie, Marthe, née le 18/07/1895 à… Domont dans le département de la Seine-et-Oise.

Marthe est ma SOSA 11, il était donc plus facile pour moi de retrouver cet enfant né hors du village familial. Mais je comprends amplement que des descendants des frères de Marthe aient pu passer à côté de cette soeur mystérieuse. Seule la curiosité de consulter les recensements peut éventuellement révéler son existence.

Mais que pouvaient bien faire Albert et Clotilde à Domont, à 170 kilomètres de leur village d’origine? Et combien de temps cela a-t-il duré?

Arbre Beaumont simplifié

La raison principale est professionnelle. A la naissance de Marthe, Albert Beaumont est briquetier. Or, si les briquèteries existent à Domont depuis 1857, c’est à partir de 1895 que cette activité connaît un réel essor suite au lancement de la « Brique de Domont », répondant à des standards de qualité, et extrêmement bien côtée sur le marché.

De là à comprendre comment la famille Beaumont, composée alors d’un seul enfant (et vraisemblablement d’un second en cours de développement) a pu décider de quitter sa région d’origine pour s’installer dans un environnement nouveau avec un nouveau métier, cela ne m’est pas possible au vu du peu d’éléments dont je dispose sur cette migration.

Ce qui soulève encore plus de questionnements est l’absence des Beaumont du recensement de 1896 à Domont et la naissance de leur fils Gaston Albert en 1898 à Marquette. Ce fut donc réellement une « crise de nomadisme » express qui peut s’expliquer par des espoirs déçus en Seine-et-Oise et une envie de retour au pays.

Mais l’histoire va se répéter. La suite à la lettre S.

10 commentaires

  1. Contrairement aux apparences, nos ancêtres bougaient bien plus qu’on ne pouvait le penser… Peut être qu’ils avaient de la famille à Domont où Marthe est née et que vis à vis du métier de briquetier de son père c’était plus facile d’aller vivre là bas provisoirement pour se rapprocher de la famille. Effectivement si cette crise migratoire fut passagère c’est qu’il y’avait une bonne raison et qu’ils n’avaient pas prévu de s’installer là bas mais bien de rentrer chez eux à Marquette 🙂 Article très intéressant qui montre que parfois, le hasard fait bien les choses si Marthe n’avait pas eu de descendants, certainement personne n’aurait pu la retrouver, hors grâce à ton travail de recherches tu peux désormais être fier de tenir informé des cousins potentiels sur son existence et c’est aussi la richesse de la généalogie quand nos défunts font se rencontrer les vivants pour avancer ensemble sur l’Histoire familiale ! 🙂

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  2. Je pourrais aisément reprendre ton article du jour en changeant les noms des personnes et lieux tant il y a de similitudes avec mon aïeul, Hubert WALENTIN. Après la naissance de sa première fille à Charleville-sous-Bois en Moselle, toute la famille part dans le village de Charmontois-le-Roi, dans la Marne. Leur deuxième fille, Marie Obéline Hermentine y naîtra en 1844. Il reviennent ensuite à Charleville-sous-Bois. Je n’ai pas non plus réussi à l’expliquer et cela fait partie des mystères d’Hubert…

    Aimé par 1 personne

  3. Moi , j’ai découvert sur le registre matricule de l’arrière grand père qu’il avait travaillé dans une ferme des Yvelines à Plaisir à quelques kilomètres de Saint Cyr l’Ecole oú nous demeurons . Toute la famille en Bretagne l’ignorait . Il n’en avait jamais parlé .

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