[Périple sur le Plat] En route vers le #SOSA2020 – Episode 1

« Je n’ai jamais cru aux prophéties… »

Le vieil homme paraît déçu par ma réponse. Il faut dire que le ton emphatique, surjoué et obsessionnel qu’il emploie pour me parler depuis vingt bonnes minutes provoque chez moi tout le contraire de l’effet recherché.

Et puis il m’énerve un peu aussi. Ce côté savant fou malcoiffé, genre Emmett « Doc » Brown du pauvre, je pense qu’il le cultive pour faire tourner sa librairie faussement parascientifique. En vrai je suis sûr qu’à la nuit tombée il troque ce gilet aux allures de plaid pour un costard cravate et qu’il glousse ostensiblement avec les notables de la ville, en pensant à tous ces pigeons tombés dans le panneau de sa mise en scène.

Lassé, je m’apprête à prendre congé de sa présence en me dirigeant vers l’entrée de la boutique, lorsque le vieil homme m’assène :

« Avez-vous mis la main sur le 2020ème? »

Je me retourne immédiatement et le fixe avec ce regard de chouette hébétée dont j’ai le secret. Qu’est-il en train de me raconter encore?

« Je vous ai vu farfouiller dans mon rayon généalogique. Avez-vous trouvé le 2020ème? »

Sentant mon regard perdu et voyant mes sourcils froncés, il pose devant moi un vieux grimoire poussiéreux qui semble avoir été achevé d’imprimer par Gutenberg en personne. J’en frotte la couverture et le titre illumine mes yeux : La Prophétie du SOSA 2020.

Comment enchaîner lorsqu’on a sèchement renvoyé les prophéties au statut de croyances de grands-mères quelques minutes auparavant? En faisant comme si de rien n’était bien sûr. J’embarque donc avec moi l’ancien ouvrage pour un prix modique. En quittant la boutique le vieux libraire semble suivre chacun de mes pas avec l’air satisfait du chasseur ayant abattu sa proie.

En chemin j’essaye de me figurer la génération et la branche auxquelles appartient un SOSA 2020. Voyons voir… il s’agit donc du père du SOSA 1010, lui-même père de la SOSA 505, mère du SOSA 252, père du 126, à son tour père de la 63, mère de la SOSA 31, mère de la SOSA 15… Soit dix générations au-dessus de moi.

Ma SOSA 15, je la connais bien, c’est Clarice Righi, sur laquelle j’ai écrit un article au mois de novembre dernier. De là à connaître son aïeul sept générations au-dessus, il y a un monde.

En arrivant chez moi, je ne tiens plus, je monte dans mon bureau et ouvre le vieil ouvrage. A ma grande surprise, son épaisseur n’est pas due à son nombre de pages mais à un immense arbre généalogique replié à l’intérieur. Un arbre un peu particulier que je découvre une fois déplié de tout son long. Toutes les cases sont noircies à l’exception de celles des SOSA 15, 31, 63, 126, 252, 505, 1010 et 2020, excessivement brillantes.

Une seule page ne fait pas partie de l’arbre généalogique. Elle ne comporte qu’une seule consigne : « Trouve le double-vingt et tu sauras d’où tu viens ».

Vaste programme.

Avançons pas à pas. Voyons voir ce dont je dispose sur la SOSA 31…

[A SUIVRE]

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