[Périple sur le Plat] En route vers le #SOSA2020 – Episode 2

Photo de Andrew Neel sur Pexels.com

« Alors vous y croyez à ma prophétie? Hein? Vous y croyez, oui ou non?! »

Le vieux libraire a décidément changé d’attitude. Il a désormais ce regard mauvais qu’arborent ceux qui veulent vous destabiliser. Voyant mon désarroi, il entonne un rire sardonique qui me glace le sang.

Je me redresse en sueur. 05:30. Pas de vieil homme. Pas de librairie. Juste ma chambre, mon lit et moi. Le sommeil ne viendra plus. J’enfile mes chaussons et descends de façon machinale les escaliers afin de m’administrer ma dose quotidienne de caféine.

Quelques jours sont passés depuis les événements de la librairie, même si Morphée tient à m’y ramener chaque soir. Ce qui me pousse inévitablement à bien réfléchir à la démarche à adopter pour la suite. Faut-il se lancer tambour battant dans cette quête ou bien ai-je quelque chose à y perdre?

En outre, coïncidence ou pas, des faits un peu étranges commencent à faire leur apparition à chaque fois que je tente d’avancer sur l’identification de la lignée d’ancêtres menant au SOSA 2020.

Après avoir fait un tour rapide du quartier et pris une douche, j’ouvre mon ordinateur et tente de retrouver où j’en suis, le livre acheté à la librairie ouvert, l’arbre généalogique déployé.

Hier, le téléphone a sonné à de nombreuses reprises sans qu’aucun interlocuteur ne daigne se présenter. Ce matin, à l’instant-même, c’est le choc provoqué par la collision d’un corbeau contre ma fenêtre de salle à manger qui me sort de mes recherches. Essayerait-on de me faire passer un message?

Je prends mon ordinateur et mon livre dans un sac, monte dans la voiture et fais route jusqu’à la bibliothèque. Là au moins j’espère être tranquille.

Acte de naissance de Clarice RIGHI – Source : Antenati

La bibliothèque est une oasis de douceur à côté de mon domicile. En ces lieux vit une communauté de gens calmes et studieux qui, malgré le sourcil levé lors de ma bruyante arrivée, ont finalement décidé de me considérer comme l’un des leurs.

Reprenons les faits. Il me faut trouver ma SOSA 31. Grâce à l’acte de naissance de Clarice RIGHI, je connais déjà son nom : Carolina PAGLIA. Je sais également qu’elle s’est mariée avec un certain Leopoldo RIGHI. A moi désormais de retrouver leur mariage pour en apprendre un peu plus.

Ma SOSA 15 est née à Montefiorino en 1894. Il me faut donc retrouver un mariage RIGHI/PAGLIA dans cette même ville avant cette date. En cherchant tous azimuts sur la Toile, je finis par tomber sur l’union entre un certain RIGHI Pietro Leopoldo et PAGLIA Maria Carolina.

Acte de mariage RIGHI / PAGLIA – Source : Antenati

Je ne peux réfréner un petit cri de joie. En revanche, les autres personnes présentes dans la bibliothèque n’ont pas l’air de partager mon enthousiasme. Couvert de honte, je fais comme si de rien n’était, reprends mon calme et consulte attentivement cet acte. J’y apprends que ma SOSA 31, Maria Carolina a 22 ans et est née à Vitriola et qu’elle est la fille de Giuseppe et de… Teodora, ma SOSA 63!

Après recherche, Vitriola est en réalité une subdivision de Montefiorino. Partons à la recherche de l’acte de baptême de Maria Carolina, pour en savoir plus.

Acte de baptême Maria Carolina PAGLIA – Source : Antenati

Dans cet acte, j’apprends que Teodora s’appelle Teodora SASSATELLI et qu’elle est la fille de feu Antonio. Antonio SASSATELLI est donc le SOSA 126!

Je ne résiste pas à l’envie de retranscrire le fruit de mes recherches sur l’arbre du livre acheté dans cette vieille librairie. Lorsque je m’apprête à indiquer les noms des SOSA 15, 31, 63 et 126, mon téléphone sonne, ce qui rend définitif mon statut de persona non grata auprès de mes voisins de la salle de lecture.

Je rassemble rapidement mes affaires et consulte l’historique des appels en sortant, sous l’oeil agacé de mes éphémères compagnons. Pourquoi Alexandre a-t-il cherché à me joindre? Alexandre vit dans la même rue que moi et la dernière fois que nous nous sommes appelés doit certainement remonter à deux bonnes années. J’écoute le message laissé sur la boîte vocale et rentre chez moi en quatrième vitesse.

Si ce n’était qu’une porte fracturée, à la rigueur. Mais mon domicile est sens dessus dessous. Quelle vision apocalyptique. Que cherchaient-ils? Tout est cassé, renversé, piétiné. Dix ans de ma vie entièrement broyés. Est-ce en lien avec les événements des derniers jours? Pourrait-ce être lié à… mon nouveau livre?

Essayant de ne pas laisser ma superstition prendre le pas sur ma raison, et après avoir rempli les formalités auprès de la gendarmerie, je décide d’aller en toucher deux mots à ce vieux libraire. Bizarre. C’est fermé en pleine journée de semaine. Je colle ma tête à la vitre et tente d’apercevoir une vie à l’intérieur de la boutique. Tout paraît vide, sale et couvert de poussière.

Je me résous à interroger le cordonnier, dont la vitrine donne juste en face.

« Vous plaisantez jeune homme? Cette librairie est complètement à l’abandon suite au décès du propriétaire. » s’offusque le commerçant, sur un ton quelque peu méprisant.

D’abord les cauchemars, les coups de fil, le corbeau et maintenant le libraire qui décède brutalement. Pris de court, j’essaye de retracer le fil du temps, et questionne le commerçant sur la date exacte du décès.

« Mon jeune ami, vous surestimez ma mémoire. C’était tout de même il y a plus de trente ans… »

[A SUIVRE]

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