#Geneathème de mars : Le Safari des Objets de Famille

Image par StockSnap de Pixabay

Mesdames et Messieurs,

Merci d’avoir choisi notre compagnie pour cette visite unique que vous n’êtes pas prêts d’oublier. Avant de commencer, quelques rappels de sécurité. Vous pouvez vous lever, prendre autant de photos que vous voulez mais s’il vous plaît, ne tentez jamais de descendre du car.

D’ici quelques minutes nous allons cheminer au milieu d’une faune méconnue : les objets de famille. Nous prendrons le temps nécessaire pour détailler chacun d’entre eux. Ne vous fiez pas à leur apparente banalité : c’est leur mode de survie. Les objets de famille feignent la banalité afin de se camoufler dans notre quotidien et ainsi traverser les générations sans encombre.

Toutefois chacun d’entre eux, quand on prend le temps de l’observer attentivement, recèle une époque où le quotidien différait beaucoup de notre monde actuel, de par ses codes, ses coutumes et son langage social.

Si les objets pouvaient parler, que nous diraient-ils? Nous allons tenter de répondre à cette question.

Nécessaire de toilette

Commençons le voyage. Hyères, durant les Années Folles. Clarice, ma SOSA 15, se prépare à sortir. Elle enduit son visage de cette poudre que les femmes de cette époque avaient l’habitude d’utiliser (et dont j’ignore la composition), repose le flacon dans son nécessaire de toilette, se munit du plus petit d’entre eux et s’asperge de deux pulvérisations d’eau de cologne sous l’oeil admiratif de ses deux filles.

Cendrier en laiton

Etait-ce pour rejoindre François, mon SOSA 14, dans l’atmosphère enfumée du bar qu’il tenait à l’angle de rue Alphonse Denis et du Cours de la Burlière? Très certainement. Sur ce comptoir hérité de l’époque où son défunt père Justin était gérant, François observe un habitué qui écrase un mégot dans un cendrier en laiton lorsque Clarice fait son entrée dans l’établissement.

Montre à gousset

François a-t-il pu jeter un coup d’oeil à cette montre à gousset gravée des initiales TD comme Thérèse Daumergue, lorsqu’il attendait Clarice, rien ne permet de l’attester. Thérèse est sa tante, mais la date de son décès m’est à ce jour inconnue. Je ne connais d’elle qu’un enfant mort dans sa première année. Peut-on imaginer que cette montre ait été directement transmise à François au décès de sa tante? Peut-être. Il fait nul doute que ces initiales auront eu un écho tout particulier dans sa propre vie, lui qui a perdu deux soeurs aînées portant le prénom de Thérèse, et qui a choisi d’en faire le second prénom de ma grand-mère.

Observez bien Mesdames et Messieurs. Lorsqu’on ouvre cette montre, une fine et mystérieuse mention apparaît « MTC à Thérèse Daumergue ». En effet, vous l’aurez compris : cette montre est loin d’avoir livré tous ses secrets.

Quittons ce bar. Par ailleurs, n’hésitez pas à ouvrir les vitres afin de faire sortir l’odeur de tabac, si celle-ci vous incommode.

Après cette visite immersive, je vous laisse prendre quelques instants si vous souhaitez prendre des photos. Vous pouvez sortir du car, mais je vous demande de ne toucher à rien.

Oui Monsieur, cette chaise sur laquelle vous vous êtes avachi fait bien partie de la collection…

Cette chaise qui ne paye pas de mine, comme vous dites, est bien également un objet transgénérationnel. Concentrez-vous. Voyez-vous Albert Beaumont, mon SOSA 22, s’y asseoir? Quoi d’exceptionnel me direz-vous? Rien si ce n’est qu’Albert est né sous le IInd Empire, qu’il s’est marié et a eu des enfants sous la IIIème République, qu’il a connu les deux Guerres Mondiales, la IVème République et qu’il est décédé en 1961, sous la Vème République, à près de 94 ans.

Une mystérieuse canne

Je vous sens gêné. Ne prenez pas appui sur cette canne pour vous relever, malheureux! Figurez-vous qu’elle a appartenu à mon grand-père maternel, qui lui-même la tenait de son grand-père maternel, mon SOSA 26, Laurent Désiré Pument.

Et si je me suis empressé de vous la retirer des mains, c’est pour une raison simple : il ne s’agit pas d’une simple canne. Voyez-vous cette petite tige sous l’anneau métallique? Il s’agit d’une gachette. Voici en effet un très bel exemplaire de canne-fusil. Et s’il vous vient l’idée de tirer un coup de feu, je vous conseille vivement de retirer l’embout si vous ne voulez pas que cette charmante canne vous explose au visage.

Je ne m’explique pas forcément ce que mon ancêtre Laurent Pument faisait avait un tel joujou, peut-être le tenait-il lui-même de son propre père.

Voilà Messieurs-dames, cette visite se termine. En espérant que celle-ci vous a plu.

Avant de partir, n’oubliez pas le guide!

27 commentaires

  1. Super visite. C’est comme si je voyais mes ancêtres, ils auraient pu avoir ces objets, quoique tout dépend de la région, chacun devait avoir ces objets certainement différend pour chaque région.
    Continuez la visite, très très intéressante.
    Merci

    Aimé par 1 personne

  2. Super visite et belle collection, ce n’est pas le tout d’avoir les objets, il faut encore en connaître l’histoire, les attacher aux bonnes personnes !
    … et bien le sur le talent pour écrire le contenu de la visite 😉
    Tout y était dans cet article !

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s