#ChallengeAZ (2020) – B comme Berceau familial

Image par Jill Wellington de Pixabay

A tout seigneur, tout honneur.

Mon grand-père paternel (sujet de l’article précédent) ayant été principalement élevé par ses grands-parents maternels, les Morlot, c’est tout naturellement que je commencerai mon périple en m’intéressant à cette famille et tout particulièrement à ses origines.

En 2019, dans un article consacré à l’Est de la France, je m’interrogeais sur la spécificité du patronyme Morlot qui ne me paraissait pas être originaire du Nord Pas-de-Calais. Cette intuition ne m’a jamais quitté.

Drôle de choix d’orienter mon second article vers ma seule branche paternelle dont l’origine lointaine ne dispose pas de l’ A.O.C. Nordiste (si on met de côté les branches belges, évidemment). Et pourtant, vous aurez l’occasion de le lire prochainement, cette branche résume presque à elle seule ce que fut le Nord Pas-de-Calais de mes ancêtres.

Mon plus ancien ancêtre Morlot connu se prénomme François. Il s’agit de mon SOSA 1152. Même si je suis très heureux d’avoir fait sa connaissance (par actes interposés, comprenons-nous bien), la quête des origines des Morlot marque ici un coup d’arrêt.

Source : Archives Départementales du Nord

Et ce pour trois raisons principales.

La première, c’est que l’action se déroule à Lille entre la fin du XVIIème siècle et le début du XVIIIème siècle. Et Lille, comme toute grande ville à cette époque antérieure à la Révolution Française, est scindée en plusieurs paroisses correspondant chacune à un quartier. Nous aurons certainement l’occasion d’y revenir.

Ensuite, ajoutons à cela que les tables décennales n’ont pas encore fait leur apparition, que les serial indexeurs ne sont pas passés par là et que par conséquent la recherche d’un ancêtre dans ces registres relève souvent du sacerdoce.

La dernière raison, c’est qu’à cette époque-là, la mention des origines sur les actes n’est pas un réflexe. En effet, par exemple on sait que Jacques Joseph Morlot, fils de François, est ouvrier de tanneur dans le quartier St Sauveur, mais où est-il né? Et d’où son père vient-il? Pour ne rien arranger leurs dates de décès et leurs lieux de sépulture me sont inconnus : la situation n’est pas des plus simples à résoudre.

Alors, une fois de plus, quand la lignée des SOSA atteint ses limites en termes d’informations, on tente la carte du collatéral. Et c’est tout à fait par hasard qu’une information capitale va finir par sortir du chapeau.

Après avoir épluché les actes des Morlot, j’en ai conclu que mon SOSA 576, Jacques Joseph, avait un frère dont il était très proche : Toussaint, prénom dont il gratifia d’ailleurs son premier fils, Toussaint Joseph. Et afin de confirmer mon impression concernant cette forte relation fraternelle, j’ai eu envie de vérifier si l’oncle de Toussaint Joseph n’était pas également son parrain.

Source : Archives Départementales du Nord

Mon intuition fut la bonne.

Bon, jusqu’ici rien d’étonnant, car il était de coutume d’attribuer le prénom du parrain à un nouveau-né masculin. Par curiosité, je me suis ensuite intéressé à l’identité de sa marraine : une certaine Anne Eléonore Françoise… Morlot! Les Morlot ne courant pas les rues au XVIIIème siècle à Lille, le choix d’une Morlot comme marraine d’un Morlot ne devait pas tenir uniquement du hasard…

Mais qui est donc Anne Eléonore Françoise Morlot? Une cousine?

En grattant un peu, j’ai pu retrouver son acte de décès le 25 Brumaire de l’an III à Lille.

Source : Archives Départementales du Nord

Non seulement un des co-déclarants de ce décès n’est autre que Louis François Joseph Morlot, fils de Toussaint (le parrain, pas le filleul… vous suivez?). Mais on peut aussi y lire l’information suivante: « le dit Morlot nous ayant également déclaré être neveu ».

Anne Eléonore Françoise serait donc la tante de Louis François Joseph, et donc la soeur de Toussaint et de Jacques Joseph, mon SOSA 576. Ce qui est corroboré par l’identité déclarée du père de la défunte : François.

Le hasard (ou l’entêtement, à vous de voir) a donc bien fait les choses : j’ai gagné une nouvelle collatérale. Mais aurais-je consacré l’écriture d’un article aussi long à la reconstitution d’une fratrie? Non, ce n’était pas le but final de la manoeuvre.

J’ai entendu votre « ouf » de soulagement, même si les petits curieux qui parcourent les actes dont je me suis servi en illustration ont certainement déjà un élément de réponse.

Effectivement, dans l’acte de décès d’Anne Eléonore Françoise Morlot, une information m’a immédiatement sauté aux yeux : François est natif de Vitry-le-François, dans la Marne.

Après avoir puérilement fait dix fois le tour de mon fauteuil de bureau, ce qui n’est pas chose aisée vu la disposition de mes meubles, car je… enfin bref… Donc après avoir célébré très sobrement cette découverte, j’ai repensé à mon intuition de départ.

Non seulement, les Morlot sont bien comme je le pressentais : une famille dont l’origine lointaine n’est pas associée au Nord Pas-de-Calais. Mais en plus : la réponse se situe bien dans le Grand Est. Je rêvais de Lorraine, et j’obtiens des pistes en Champagne-Ardennes : pas mal. Je parle toujours en anciennes régions, c’est mon petit côté snob…

La bonne question qu’il reste à se poser désormais est la suivante : la Marne était-elle le berceau de mes Morlot ou bien un lieu de transition avant le voyage vers le grand Ch’Nord?

Et à ce jour, cela ne reste qu’une bonne question.

A suivre…

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