#ChallengeAZ (2020) – V comme Verriers

Source : http://alain.tairnaite.free.fr/

Parmi les différentes industries qui ont fait les beaux jours du Nord, il y a peut-être un domaine qui est moins cité que des fleurons comme la sidérurgie ou le textile : il s’agit de la fabrication du verre.

Autant mon arbre généalogique regorge de mineurs, d’employés des forges voire d’ouvriers du textile, autant la recherche de mes ancêtres verriers ne m’a pas laissé l’embarras du choix, puisque seul mon SOSA 38, Alphonse Joseph DUBOIS, a exercé cette profession et uniquement durant la dernière partie de sa vie.

Alphonse Joseph est né à Marquette-en-Ostrevant le 13 octobre 1846 de Fleury Aimé DUBOIS et de Lucie CAILLE. En 1873, le 21 mai plus précisément, il épouse une marquettonne : Appolonie Monique GRIVILLERS.

Acte mariage DUBOIS x GRIVILLERS – Source : Archives Départementales du Nord

Le jour des noces, mon ancêtre est soldat au 24ème Régiment de Ligne en congé illimité en cette commune. Il épouse sa promise avec l’autorisation du Général de Division commandant la 3ème Division Militaire mais également sous couvert d’un contrat de mariage, dans lequel il est déclaré comme journalier.

Contrat de mariage DUBOIS x GRIVILLERS – Source : Archives Départementales du Nord

Le site des Archives Départementales du Nord a mis en ligne le recensement de 1906, et c’est avec plaisir que nous y retrouvons la famille Dubois, domiciliée rue Neuve à Marquette-en-Ostrevant.

Alphonse Joseph y est toujours déclaré comme journalier et partage son foyer avec son épouse, et ses deux enfants Rosalie (ma SOSA 19, la quasi-quinquagénaire de mon article S) et Gaston. Les mentions des recensements étant purement déclaratives, il n’est pas rare d’y retrouver des erreurs et c’est ici l’année de naissance de ma trisaïeule qui en fait les frais (notée 1880 au lieu de 1881).

Il est à noter que deux autres membres plus âgés de la fratrie, Emile et Jules (sur lequel nous aurons l’occasion de revenir), ne font plus partie du foyer, étant déjà respectivement âgés d’environ 31 et 33 ans. Rosalie, de son côté, a 25 ans et le départ du cocon familial est imminent.

Et c’est justement l’année suivante que l’oiseau quitte le nid pour convoler avec Clément Jules MORLOT qu’elle épouse le 27 novembre 1907, toujours à Marquette.

Acte mariage MORLOT x DUBOIS – Source : Archives Départementales du Nord

Notre protagoniste du jour, Alphonse Joseph DUBOIS, désormais âgé de 61 ans (Dieu que le temps passe!), exerce la fonction d’ouvrier verrier et réside toujours à Marquette-en-Ostrevant. Cet acte intervenant un an après le recensement, sa reconversion professionnelle est a priori très récente.

Et pour le coup il n’est pas le seul verrier de cet acte. En effet, son propre fils Jules, témoin du mariage de sa soeur, est également son confrère.

C’est ce même fils qui déclarera le décès de son père le 22 juin 1925 (devinez où?…) à Marquette-en-Ostrevant.

Acte Décès Alphone Joseph DUBOIS – Source : Archives Départementales du Nord

Fait intéressant : le père défunt et son fils sont toujours déclarés comme verriers (ex-verrier pour être plus précis pour Alphonse Joseph). C’est donc cette profession qui clôturera la vie professionnelle de mon SOSA 38.

Mais au fait, où pratiquait-il son activité?

A ma connaissance, il n’y avait aucune verrerie à Marquette-en-Ostrevant.

Mais en consultant à nouveau le recensement de 1906, on constate un nombre important de verriers, dont une partie porte d’ailleurs le patronyme de Verriez, ce qui devait être de l’ordre de la prédestination… Imaginez si leur nom avait été Banquiez, l’histoire aurait été toute autre!

Blague à part, voici ce que l’on trouve comme mentions exactes pour les verriers :

En réalité, comme on peut le voir, ce qu’on nomme « verrier » est pour le recenseur ni plus ni moins qu’un journalier employé dans une verrerie. Lors du recensement de la famille DUBOIS, le père de famille, Alphonse Joseph était journalier avec des employeurs divers. Il est donc fort probable qu’il pratique de temps à autre des activités liées à la verrerie, mais ce ne sera qu’en 1907 qu’il choisira de se sédentariser en limitant son champ d’intervention à cette activité.

Par ailleurs, nous avons la réponse à notre question : les verriers de Marquette-en-Ostrevant vont travailler à Aniche.

Mais à vrai dire quand on a dit ça, on a pas vraiment répondu totalement à la question, le territoire de la commune d’Aniche ayant connu jusqu’à neuf verreries…

Clément Jules MORLOT, gendre d’Alphonse Joseph DUBOIS posant dans une des verreries d’Aniche
– Source : Archives familiales

4 commentaires

  1. Ah des verriers à Aniche, c’est que j’en ai beaucoup parmi les cousins plus ou moins éloignés! Ajoutons que des verreries, il y en a eu ailleurs qu’à Aniche dans le bassin minier mais Aniche fut bien le centre de la verrerie. Il y reste d’ailleurs deux verreries en activité. La persistence d’une industrie historique c’est assez rare de nos jours pour être signalé.
    Pour situer le poids de l’industrie verrière à Aniche au début du XXè siècle, la saignée de 14-18 est révélatrice: parmi les 356 noms relevés sur le monument au morts et le livre d’or j’ai dénombré 155 verriers (sur 303 dont le métier m’est connu), plus 14 coupeurs de verre. L’inventaire est ici http://paddygenealo.over-blog.com/2018/09/aniche-14-18.html

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