#ChallengeAZ (2020) – X comme Xylophile

Image par Valiphotos de Pixabay

La xylophilie pourrait, à première vue, s’apparenter à une pratique peu avouable. Et pourtant pas du tout, même si elle n’a strictement rien à voir avec l’amour des xylophones.

Car en premier lieu elle me permet d’associer un titre sympathique à cette difficile lettre X, dont l’usage pénible devrait être limité à la dernière place des mots ou des patronymes, comme LOUCHEUX. Par exemple.

Et en second lieu, la xylophilie en tant qu’amour de tout ce qui concerne le bois, illustre bien la lignée familiale que je souhaite vous présenter. Un xylophile est une personne qui aime le bois, au propre ou au figuré, que ce soit travailler le bois ou même fréquenter la forêt. Et les LOUCHEUX la fréquentaient plus souvent qu’à leur tour, la forêt! C’est un autre exemple.

Il me vient une idée : et si, par le plus grand des hasards, nous parlions des LOUCHEUX de ma famille? Ce n’était pas prévu, mais rien ne vaut l’improvisation, vous avez bien raison.

Partons donc de l’acte de mariage de Géry LOUCHEUX et de Marie Noëlle DOUAY. Si vous avez l’habitude de lire mes articles, peut-être aurez vous reconnu l’identité de ma SOSA Noël 2019? Mais c’est sur le terrain de son mari que nous allons nous aventurer ce jour.

Acte Mariage LOUCHEUX x DOUAY – Source : Archives Départementales du Nord

Géry LOUCHEUX, mon SOSA 294, est le fils de Philibert et de Joachimme Josephe MOËN. Et ce fameux Philibert LOUCHEUX, en ce mois de novembre 1789 à Hélesmes, n’était autre que le garde du bois. Nous tenons notre premier xylophile.

Essayons d’en apprendre un peu plus sur Philibert, en remontant à son propre mariage le 22 juillet 1766, toujours à Hélesmes.

Extrait de l’acte de mariage LOUCHEUX x MOËN – Source : Archives Départementales du Nord

Philibert LOUCHEUX est le fils de Catherine Paulle BRASSART et de… Philibert LOUCHEUX, « garde de bois ». Quelle originalité! Pour notre étude, nous pourrions partir sur l’hypothèse que la xylophilie se transmet de père en fils, mais n’allons pas trop vite en besogne.

[Pause carte de Cassini : où se trouve Hélesmes?]

Source : Carte de Cassini (partie Cambrai)

Hélesmes (ici Hélesmmes) est une commune du Nord du Valenciennois à cheval sur deux cartes de Cassini. Remontons un peu plus au nord pour bien cerner sa configuration.

Source : Carte de Cassini (partie Lille)

Comme on pouvait le présumer, Hélesmes est cernée par les bois sur sa partie septentrionale. Un garde du bois avait certainement de quoi faire, c’est sûr… Mais dites-moi… avez-vous vu ce que j’ai vu sur cette seconde carte? Si si, un peu plus haut dans le bois. Un petit effort voyons! Vous n’êtes quand même pas xylophobe?

Zoom sur la carte précédente

Il y a une « Maison du Garde » enfoncée dans la forêt! C’est peut-être à cet endroit que vivaient mes LOUCHEUX. Je n’ai pas trouvé de correspondance avec notre époque, donc je ne sais pas sur quelle période exactement elle a existé ni si elle constituait réellement un logement de fonction pour xylophiles avertis. Mais j’ai envie de le croire, pas vous?

[Fin de la pause carte de Cassini]

Intéressons-nous désormais à Philibert LOUCHEUX père, mon SOSA 1176. Et une fois n’est pas coutume, orientons-nous vers son acte de sépulture.

Acte Sépulture Philibert LOUCHEUX – Source : Archives Départementales du Nord

Philibert LOUCHEUX père est décédé le 1er décembre 1748 à Hélesmes, à l’âge précoce de 38 ans. Il sera inhumé le lendemain. Mais ce qui frappe, c’est qu’il en est à son second mariage, alors que Philibert, son fils, dont nous avons parlé précédemment, est né en 1740, soit huit ans avant.

Ce remariage doit donc être relativement récent. Et en cherchant davantage je suis tombé sur de troublants résultats…

L’étrange année 1748

Le second mariage de Philibert LOUCHEUX père a été célébré à Hélesmes le 19 novembre 1748, donc 12 jours avant son décès ! Et ce n’est pas tout…

Acte Mariage LOUCHEUX x VARLEZ – Source : Archives Départementales du Nord

Philibert père est veuf de Catherine Paulle BRASSART, dont le décès remonte à… 6 mois plus tôt, le 5 mai 1748.

Acte Sépulture Marie Catherine BRASSART
– Source : Archives Départementales du Nord

Catherine Paulle BRASSART succombe donc à l’âge de 30 ans la même année que son mari, qui a pris le temps de se remarier dans l’intervalle.

Avez-vous remarqué quelque chose de particulier sur cet acte? Non? Alors je vous propose de jeter un oeil aux déclarants mentionnés. Il s’agit de son mari Philibert et de… Jean Louis VARLEZ. Cela ne vous dit rien? Je vous laisse une minute pour remonter plus haut dans l’article. Je vous attends ici.

Effectivement, comme vous avez certainement pu le remarquer plus haut : Jean Louis VARLEZ est également son… futur beau-frère, puisqu’il s’agit du frère de sa seconde épouse. Bizarre, n’est-ce pas?

Aucune théorie du complot derrière mon propos, car tout cela s’explique finalement assez facilement. Jean Louis VARLEZ exerce la fonction de clerc au sein de la paroisse, donc il est présent sur pratiquement tous les actes. Mais il faut avouer qu’à première vue ça m’a laissé une drôle d’impression.

Revenons à notre propos. Là où l’année 1748 est vraiment une année étrange, c’est que la vague de décès ne s’arrête pas là.

Plus tôt, c’est Marie Catherine MICHAUX, ma SOSA 2353, mère de Philibert LOUCHEUX père, qui s’éteint le 16 avril 1748.

Acte Sépulture Marie Catherine MICHAUX – Source : Archives Départementales du Nord

Elle est déclarée comme veuve de Jean Claude LOUCHEUX, et si on cherche l’acte de sépulture de ce dernier, cela ne prend pas beaucoup de temps, car il est décédé… 3 jours plus tôt, le 13 avril 1748

Acte Sépulture Jean Claude LOUCHEUX – Source : Archives Départementales du Nord

Enfin, encore plus tôt la même année, c’est Henry Joseph LOUCHEUX, fils de Philibert LOUCHEUX père et de Catherine Paulle BRASSART qui disparaît le 6 janvier 1748, tout juste âgé de 4 ans 1/2…

Si Philibert LOUCHEUX fils, 8 ans à l’époque, doit faire le bilan de son année 1748, il y aura connu le décès d’un frère, de ses grands-parents paternels et pour finir, de ses parents. Je n’ai pas étudié la question du côté de ses grands-parents maternels, mais c’est à se demander qui s’est occupé de lui et de sa fratrie au lendemain du 1er décembre 1748. Est-ce la seconde épouse, Jeanne Catherine VARLEZ qui a pris le relais sur l’éducation? Ou Philibert avait-il des frères et soeurs bien plus âgés qui ont pu devenir chefs de famille en lieu et place des parents disparus? Je n’ai pas la réponse à l’heure actuelle.

La même année, cela fait beaucoup de drames, et j’ai beau avoir cherché les traces d’une famine ou d’une épidémie, je ne suis pas parvenu à comprendre le pourquoi de ces décès rapprochés. Encore une affaire non élucidée, pour le moment.

Après réflexion, peut-être cet article aurait-il mérité un « X comme X-Files ». En attendant, j’espère qu’il a pu envoyer… du bois.

4 commentaires

  1. Ce fut une année noire ! J’habite en lisière de la forêt de Mormal et les maisons forestières existent toujours aux différentes entrées de la forêt. Je ne sais pas si c’est aussi le cas pour la forêt de Saint Amand…

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